Aqua Jogging – Article paru sur Vie Pratique Madame

Chaque mois, nous obligeons notre chroniqueuse à aller espionner un truc qui nous intrigue, nous effraie ou nous fait rêver. Cette fois, on l’a forcée à aller flotter à la verticale ! PHYSIQUEMENT TESTÉ PAR CATHERINE ATTIA-CANONNE

Ma mission pour le présent magazine, vous commencez à le savoir, est de m’aventurer à la recherche du « bien dans sa tête » et du « trop bien dans son corps ». Dans ma quête du Graal, me voilà soudain transportée à Cannes pour découvrir l’aquajogging. Pour l’occasion, je suis soutenue par ma maman, trop heureuse d’endosser à nouveau son costume élimé de supporteur de fifille, qu’elle avait délaissé après mon dernier examen de pointes. Un jeudi, à midi et demi, nous voici donc parties pour trente minutes d’aqua-truc, avec Mère dans le rôle du cobaye en second. Fini les « rentre ton ventre » et « fais bien ta tête pendant les pirouettes », aujourd’hui je me venge dans la mer.
Nous sommes accueillies par Catherine, sophrologue et maitre nageuse, qui nous invite à nous glisser dans une combinaison intégrale en néoprène. Mam’ se décompose en pensant à l’humiliation probable si elle ne rentre pas dedans et, dans la panique, elle l’enfile à l’envers. Une paire de minipalmes Zip Fin – taillées comme des nageoires -, une paire de gants palmés Aqua Sphère et une ceinture flotteur plus tard, une dizaine d’hommes et femmes de l’Atlantide entrent à reculons dans l’eau, à peine à 16 ‘C.
On rejoint le large, non sans difficulté, le gros flotteur dans le dos cherchant à tout prix à rester en surface. Et c’est justement ça, l’idée,  apprenons-nous : « Le flotteur aide à se maintenir vertical dans l’eau, position naturelle pour courir, » Comment ça «courir» ? Ben oui, grosse pomme : dans «aquajogging», y’a «jogging» ! Et c’est le but de la manoeuvre : courir dans l’eau. Oh, misère ! Moi qui ai adopté il y a une décennie le commandement « Tu ne courras point », je vais devoir passer outre – d’autant plus que ma mère a repris du poil de la bête et me houspille déjà « Dépêche, tu lambines ! »
Et la prof : « On s’échauffe en marchant. Levez bien haut les genoux, pieds flex, bien droit, mains parallèles au corps. » Roulements d’épaules, petits battements, petite brasse et, guidés par Raphaël, l’autre prof ; nous voilà partis à petites foulées, à contre-courant de la Méditerranée un poil démontée.
Ça chauffe, ça tire, je m’accroche mais je fais du surplace ! Ensuite, on fait le dauphin en se dandinant vers le ciel, puis on enchaîne avec la grenouille pour entretenir les adducteurs. « Alors, maintenant, on vise la pointe de l’Esterel, là-bas, et on court à un rythme effréné, allez, on court, on court, Forest, on court le plus vite possible”. »
Je me défonce pour tenter de dépasser les matelas de la plage, ça brûle fort aux cuisses et dans les avant-bras. Et déjà, c’est fini. « Retour yeux fermés, faites le vide, vous êtes des cosmonautes… »
Je me sens plutôt comme un hippopotame dans Fantasia.
À peine sorties de l’eau, on retire les combis. « j’ai le ventre déjà plus plat », me chuchote maman. Et moi, j’ai les cuisses de Julia Roberts. Une fois hors de l’eau, je ne suis même pas fatiguée. Et aucune courbature ne viendra troubler la superpêche, morale et physique, apportée par ce génial moment.
Génial, réellement, et c’est une non-sportive qui l’affirme.